Des recommandations pour la bonne l’exécution de 5 gestes et soins d’urgence
Mieux réaliser les gestes d’urgence en intégrant l’évolution des connaissances scientifiques et harmoniser les pratiques. Tels sont les objectifs d’une série de recommandations que formulent la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et de l’Association nationale des centres d’enseignement de soins d’urgence (Ancesu).
« Dans un contexte où les connaissances médicales évoluent rapidement, où les situations critiques deviennent de plus en plus complexes et où la nécessité d’une réactivité optimale ne cesse de s’accentuer, il est essentiel de disposer de référentiels actualisés, validés et partagés à l’échelle nationale », soulignent les experts en préambule des nouvelles « Recommandations nationales sur les gestes et soins d’urgences ». Ce document résulte d’une démarche conjointe de la SFMU et de l’Ancesu. Les deux associations ont soumis un questionnaire aux enseignants des centres d’enseignement de soins d’urgence (Cesu).
Cinq questions déterminantes
Cette consultation a fait remonter des questions scientifiques nécessitant une mise au point. Les experts en ont finalement retenu cinq pour lesquelles ils ont approfondi les connaissances en effectuant des recherches dans la littérature médicale des 40 dernières années. Les nouvelles recommandations concernent la mise en place d’un collier cervical, le réalignement d’un membre traumatisé, la gestion d’une hémorragie active d’un membre, la position d’attente d’un patient traumatisé et inconscient, et enfin, l’utilisation d’échelle de gravité dans l’évaluation initiale d’un patient.
Adapter et harmoniser les gestes de soin
Ainsi, chez un patient traumatisé en extra-hospitalier, les experts déconseillent la pose systématique d’un collier cervical. Si cette pose peut éviter des complications secondaires, il convient de rechercher préalablement une suspicion de traumatisme du rachis. Les signes étant une douleur déclarée au niveau du rachis cervical, un état inconscient ou d’altération de la conscience (alcoolisation, agitation, etc.) ou encore une douleur distractive intense ne permettant pas une évaluation fiable.
Autre exemple, avec un patient présentant une hémorragie d’un membre. Les experts recommandent une pression directe sur la plaie en réservant la pose d’un garrot aux cas les plus critiques. Il s’agit des situations suivantes : plaie de grande taille et extrêmement délabrante, pas d’accès à la compression directe, amputation, présence d’un corps étranger profond, absence de pouls périphérique, choc hémorragique, arrêt cardiaque, multiples victimes. Même dans ces situations, la SFMU et l’Ancesu recommandent une réévaluation précoce de la pose du garrot, au mieux dans l’heure, pour envisager son remplacement par un pansement hémostatique.

