Édito n°92
Hantavirus : autorités et population sur le qui-vive
Comme un air de déjà-vu… Masques FFP2 vissés sur le visage et tenues de protection intégrales, les équipes du SAMU conduisent à l’hôpital, sous haute escorte, les passagers français du MV Hondius. Direction : l’isolement pour 42 jours en milieu hospitalier.
Alors que nous bouclons ce numéro, le bilan de l’épidémie apparue sur ce bateau de croisière reliant l’Argentine aux îles du Cap-Vert, dans l’océan Atlantique, fait état de trois morts, sept cas confirmés et un probable. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qualifie la situation de « grave », bien que le « risque pour la santé mondiale » soit jugé « faible ». Cette institution, dont les moyens ont largement diminué avec le retrait des États-Unis — et d’ailleurs de l’Argentine —, appelle les pays à suivre scrupuleusement la quarantaine des cas contacts afin de limiter le risque de propagation.
Difficile de ne pas faire de parallèle avec le Covid tant l’imagerie et le vocabulaire employés sont proches. Gare pourtant aux raccourcis et aux fake news. Connue des spécialistes, cette souche est issue d’un réservoir de Patagonie qui a déjà provoqué une épidémie entre 2018 et 2019, engendrant la mort de onze personnes sans pour autant se transformer en pandémie. L’Hantavirus serait nettement moins contagieux que le SARS-CoV-2, mais l’incubation bien plus longue et la mortalité sévère. Et, bien sûr, le virus pourrait muter.
L’heure est donc à la prudence et à la révision des enseignements des pandémies passées. L’occasion, peut-être, de relire notre hors-série Covid-19 : retour d’expérience des soignants en France et dans le monde, publié en juin 2020. Vous y trouverez le premier récit, collecté à chaud et sans filtre, de professionnels du secours et des soins d’urgence témoignant de leur réorganisation dans l’urgence. De bonnes pratiques dont nous espérons, bien sûr, qu’elles ne resteront cette fois que théoriques.
Nicolas Lefebvre le 12 mai 2026

