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Les jeunes consommateurs de protoxyde d’azote en sous-estiment les risques

Parmi les moins de 30 ans, la consommation de protoxyde d’azote se banalise, d’après le dernier baromètre des addictions de la Macif. Cette pratique entraîne des poly-consommations et des prises de risques, notamment lors des déplacements.

Cette sixième édition du baromètre de la Macif, « Les addictions et leurs conséquences chez les jeunes », mesure pour la première fois l’usage du protoxyde d’azote chez les 15-30 ans. Parmi les 3 500 jeunes qu’a interrogés Ipsos/BVA, 12 % reconnaissent consommer ce produit, dont 3 % régulièrement. Une expérience qui s’ancre dans les pratiques festives. 71 % ont sauté le pas en soirée ou lors d’une fête chez des amis. Et 31 % y ont goûté à l’occasion d’un concert ou d’un festival. Au-delà de l’amusement et de la convivialité, l’inhalation de protoxyde d’azote apparaît pourtant préoccupante car elle accroît les comportements à risques.

Des prises de risques multiples

Ainsi, 32 % des consommateurs réguliers ont commencé à se tourner vers d’autres substances et 24 % en ont augmenté la consommation. Ces accros tendent également à étendre leur consommation en dehors de moments festifs, notamment seuls chez eux (51 %). Par ailleurs 7 % des consommateurs de « proto » ont connu au moins une perte de contrôle liée à ce produit dans les douze mois précédents. 1 % ont même répété cet épisode une dizaine de fois.

Mais c’est surtout lors des déplacements que les consommateurs de protoxyde d’azote se mettent en danger. Sous emprise, 34 % sont déjà rentrés en voiture, 32 % en trottinette, hoverboard, roller, 32 % à scooter ou moto et 30% à vélo.

Minimisation des dangers

Paradoxalement, les consommateurs ont conscience des effets négatifs liés à la prise du produit. 33 % avouent s’être mis en danger sur la voie publique et 25 % ont eu un accident de la circulation. 29 % ont également développé des problèmes de santé et 27% des pensées suicidaires. La plupart des 16-30 ans reconnaissent que le protoxyde d’azote peut causer des problèmes de santé (83 %) ou affecter leur capacité à conduire (81 %). 85 % se déclarent même favorables à un durcissement de la législation.

Une perspective qui pourrait envoyer un signal de danger plus clair qu’aujourd’hui. 20 % des consommateurs estiment en effet que la substance est sans danger du fait de sa vente légale. 32 % pensent qu’une consommation occasionnelle ne présente aucun danger. Et pour 26 %, il n’y aurait pas de risque puisque les effets ne durent que quelques minutes. « Cette brièveté donne une fausse idée d’innocuité du produit alors même que des conséquences graves peuvent survenir à court et long terme », avertit sur son site la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives). Elle rappelle que les complications neurologiques graves chez les consommateurs de protoxyde d’azote ont triplé entre 2020 et 2021.

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