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Les conducteurs européens sous-estiment les dangers de la route

Interrogés par la fondation Vinci autoroutes, de nombreux conducteurs européens reconnaissent des comportements à risques. Des écarts avec le code de la route mais également une ultra-connectivité qui réduit l’attention portée aux autres usagers.

Pas de nette dégradation mais plutôt une persistance de comportements inquiétants. Ainsi pourrait-on résumer le 16ème Baromètre de la conduite responsable que publie la fondation Vinci Autoroutes. Ipsos a interrogé 12 100 personnes dans onze pays européens pour connaître leurs représentations et leurs comportements au volant.

Beaucoup avouent quelques entorses au code de la route. 83 % dépassent de quelques km/h la limitation de vitesse, 55 % ne respectent pas les distances de sécurité, 33 % doublent par la droite sur autoroute. Parmi les prises de risques aggravées, heureusement moins répandues, ne pas attacher sa ceinture de sécurité (17%), prendre le volant en état d’ébriété (5%), sous l’emprise de médicaments diminuant la vigilance (7%) ou de drogues (2 % des conducteurs mais 4 % des 16-24 ans).

Des distracteurs omniprésents

Par ailleurs, la fondation Vinci autoroutes confirme que les smartphones deviennent indissociables de la conduite. 77 % des conducteurs européens les utilisent (autant que ceux qui programment leur GPS au volant). Ils permettent de téléphoner en roulant (65% des conducteurs dont 21 % en tenant l’appareil en main) mais également d’envoyer ou de recevoir des SMS et des e-mails (24%). 78 % reconnaissent d’ailleurs détourner leur regard de la route durant plus de deux secondes.

Somnolence et fatigue

Un tableau d’autant plus inquiétant que les conducteurs interrogés avouent également un manque de vigilance. 30 % prennent la route en ressentant de la fatigue. Parmi eux, 77 % se savent moins attentifs et 39 % ont déjà eu l’impression de s’assoupir au volant. Pourtant, 36 % de ces conducteurs ne marquent aucune pause sur leur trajet, alors que 25 % reconnaissent le danger de conduire fatigué.

Déni de responsabilité

Un paradoxe qui illustre la représentation que la plupart des conducteur a de lui-même et des autres. 97 % jugent positivement leur conduite alors que 64 % perçoivent négativement les autres conducteurs. 82 % avouent même une peur des comportements agressifs. Pourtant, 49 % des répondants avouent injurier les autres conducteurs, klaxonner (45%) ou « coller » (29%) ceux qui les énervent et parfois descendre de leur véhicule pour s’expliquer (17%). Une combinaison de prises de risque et d’agressivité aux conséquences que les secours connaissent bien. En 2024, l’Union européenne a dénombré 20 017 décès sur ses routes.

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