Covid-19 : les défis de la vaccination

Après Pfizer, Sanofi et la Russie, c’est le laboratoire américain Moderna qui annonce que son candidat vaccin contre le coronavirus serait efficace à 94,5%. Mais c’est différentes annoncent ne sont pas miraculeuses et de nombreux défis restent à résoudre pour obtenir une couverture vaccinale efficace.

Logistique

Premier, et non des moindres, la question de la logistique est centrale. Comment acheminer les vaccins des lieux de production vers les utilisateurs finaux ? Dans quelles conditions les transporter ? Comment assurer la traçabilité des transports, pour garantir, par exemple, que la chaîne du froid n’est pas brisée ? Voilà quelques questions qui se posent.

L’ampleur des opérations de transport est titanesque. L’Association internationale du transport aérien (IATA) estime qu’il faudra au moins 1 000 Boeing 747-Cargo pour transporter les premières doses de vaccin contre le Covid-19 pour la population mondiale. Sachant que la charge utile d’un tel appareil est d’environ 115 tonnes. Devant les enjeux et la difficulté de la tâche, une dizaine d’acteurs mondiaux de la logistique semble être en mesure de pouvoir tirer leur épingle du jeu. Ces acteurs sont majoritairement allemands et américains, mais quelques français pourraient peser dans la balance. Ainsi TLF Overseas, Geodis, Bolloré Logistics et CMA CGM déclarent se préparer depuis quelques semaines ou mois à ce défi logistique.

Priorisation

Toutefois, aucun ne scénario ne prévoit que suffisamment de doses seront disponibles pour vacciner toute la population rapidement. Il y aura, nécessairement, une priorisation de la distribution des premières doses. Depuis de nombreux mois, différents états ont « réservé » des doses pour leur population. Mais même dans les nations qui seront assurées d’être livrée, il faudra déterminer les personnes à vacciner en premier.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, le rappelle dans une déclaration à l’occasion du comité exécutif : « Au départ, les quantités seront limitées et par conséquent les personnels soignants, les personnes âgées et celles à risque auront la priorité et nous espérons que cela va faire baisser le nombre de mort et permettre aux systèmes de santé de résister. »

Adhésion de la population

La question de l’adhésion de la population à une campagne vaccinale de grande ampleur est certainement le sujet le plus important pour stopper la progression du virus et éradiquer l’épidémie. Malheureusement les campagnes précédentes, notamment celle de la grippe H1N1, ne sont pas porteuses d’espoir. Dans un document produit par la Haute autorité de santé (HAS) on peut lire que « la campagne de vaccination exceptionnelle de 2009, mise en œuvre pour lutter contre la pandémie de grippe A (H1N1), a été décevante en termes de couverture vaccinale dans de nombreux pays, notamment en France. La stratégie globale était de vacciner rapidement 75 % de la population, en ciblant en priorité dans les premières semaines, les populations à risque. Ces objectifs n’ont pas été atteints puisque la couverture vaccinale de la population est restée inférieure à 10 %. » Les personnalités publiques, et notamment politiques ont eu une influence réelle quant à la non-adhésion de la population en 2009, et il y a fort à parier que la situation ne soit pas très différente en 2021, à 18 mois de l’échéance présidentielle.

Enfin, si certaines personnalités se sont montrés favorables à une vaccination obligatoire, ce n’est pas la position actuelle de la HAS. Elle « considère qu’il serait inopportun, au début de la campagne, de rendre obligatoire la vaccination contre la Covid-19, que ce soit pour la population générale ou pour les professionnels de santé. »

Et pour vous, la vaccination doit elle être obligatoire, notamment pour les professionnels de santé et les acteurs des secours ?

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