Technique d’urgence #44 : l’intubation chez l’enfant

Beaucoup moins fréquente chez l’enfant que chez l’adulte, l’intubation est un geste primordial pour le contrôle des voies aériennes. Le succès de l’intubation chez l’enfant passe par une préparation stricte et rigoureuse du matériel, des procédures et des médicaments nécessaires.

Texte : Nicolas Beaumont

 

Indication

  • Pour un patient entre 10 et 30 kg

  • Protection des voies aériennes inférieures et du parenchyme pulmonaire contre le risque d’inhalation

  • Traitement de l’obstruction des voies aériennes supérieures

  • Ventilation mécanique chez le patient en insuffisance respiratoire aiguë, ou en situation de détresse vitale.

Contre-indication

  • Présence de critères d’intubation difficile

Critère d’efficacité

  • Sonde d’intubation positionnée au-dessus de la carène

 

Présentation réalisée par Valérie Laveau, infirmière anesthésiste à l’hôpital Femme - Mère - Enfant de Lyon (69) et validée par le Dr Olivier Guillemin.

S’effectue seul

1 Préparer le matériel. S’assurer de disposer de tout le matériel nécessaire pour une intubation en séquence rapide (ISR) : laryngoscope et lames, sondes d’intubation, mandrins, seringue pour le ballonnet, BAVU, O2, sonde d’aspiration, aspirateur à mucosité. Prévoir le matériel en cas d’intubation difficile.

Matériel

 

2 Vérifier les paramètres de prise en charge. Chez l’enfant, les dilutions, les volumes, les repères sont fonction du poids, il est donc impératif de se référer aux protocoles thérapeutiques pour préparer les médicaments et s’assurer des différents paramètres qui entrent en jeu dans la prise en charge.

Prise en charge

 

3 Pré-oxygéner et sédater en séquence rapide (ISR). La pré-oxygénation prévient une hypoxie durant les manœuvres d’intubation. Le patient doit ventiler spontanément dans un masque relié à une source d’oxygène à haut débit afin de maintenir une FiO2 de l’ordre de 100 %. Injecter en IV les médicaments dans des dilutions adaptées au poids du patient

sédater

 

4 Effectuer une laryngoscopie directe. Positionner la tête du patient en fonction de sa morphologie. Ouvrir la bouche de la main droite. De la main gauche, tenir le laryngoscope. Introduire la lame pour refouler la langue à gauche. Glisser la lame dans le sillon sus-épiglottique. Tracter sans faire levier sur les incisives.

laryngoscopie

 

5 Insérer la sonde d’intubation. Tout en maintenant le laryngoscope, glisser la sonde le long de la lame. Insérer la sonde dans la trachée. S’arrêter dès que le ballonnet a passé les cordes vocales. Retirer le laryngoscope en maintenant la sonde.

sonde d'intubation

 

6 Positionner la sonde d’intubation. Noter le repère de la sonde par rapport à l’arcade dentaire, les repères dépendent de la taille de la sonde. Gonfler le ballonnet.

position

 

7 Ausculter. Insuffler en maintenant la sonde en place. Vérifier que les deux champs pulmonaires sont symétriques.

ausculter

 

8 Fixer la sonde et monitorer la ventilation. A l’aide d’un dispositif ad hoc, fixer la sonde à la mâchoire supérieure. Introduire une canule de Guedel pour protéger la sonde des morsures. Vérifier la pression du ballonnet avec un manomètre. Raccorder le patient à un ventilateur. Vérifier la concentration de CO2 dans l’air expiré (capnographie).

ventilation

 

 

Olivier Guillemin

   Témoignage médecin

    Dr Olivier Guillemin,
    directeur médical du CESU 69

     Se préparer

 

Encore plus que chez l’adulte, l’intubation d’un enfant, en pré-hospitalier ou non, doit être préparé, tant au niveau matériel qu’au niveau procédures. Il y a beaucoup plus de matériel à préparer pour palier toutes les situations possibles pour réussir l’intubation. En ce qui concerne les dilutions, elles sont dépendantes du poids de l’enfant et les volumes utilisés sont également différents de ceux utilisés chez l’adulte. Tous ces facteurs impliquent une préparation sans faille et ne laissent pas la place à l’improvisation. Il faut également considérer l’impact psychologique de la prise en charge d’un enfant. Pour tous les soignants, réaliser des gestes sur un enfant en situation de détresse vitale ne doit pas se solder par un échec. La préparation, si elle ne garantit évidemment pas la réussite des soins mis en œuvre, permet de faire face au maximum d’aléas.

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