Billet d’humeur #41 : Jean-Luc Wertenschlag

Les “ aidants de première ligne ” face aux attentats

Vendredi 13 novembre 2015. Nous étions des témoins civils lors de l’attaque de la Belle Equipe.

Nous avons alors porté secours aux nombreux blessés survivants. Pendant près de 30 minutes, nous avons prodigué les premiers soins sans équipements spécialisés, en attendant les secours.

Suite à ces événements, nous nous sommes réunis pour donner naissance au Collectif Citoyen du 13 Novembre. Nos objectifs sont la modification des textes réglementaires permettant la mise à disposition de matériels de secours dans les établissements recevant du public (ERP) pour des secouristes civils formés, et la reconnaissance officielle de nos actes. Dans un article de 2015, la psychologue Evelyne Josse distinguait deux niveaux d’intervenants auprès des victimes d’attentat (www.resilience-psy.com). Nous nous permettons d’en ajouter un : ceux que nous appelons les « aidants de première ligne ». Les primo intervenants civils, les voisins ayant accueilli et/ou prodigué des premiers soins, en contact direct avec la situation de crise. Comme l’écrit Mme Josse, on peut se représenter le « traumatisme comme un tremblement de terre dont l’attentat terroriste constitue l’épicentre. Les ondes de choc se propagent en cercles concentriques à partir de l’événement traumatisant tout en diminuant d’intensité à mesure qu’elles s’en éloignent. La victime directe se situe dans le foyer du séisme et les ondes de choc bouleversent progressivement les intervenants qu’elle rencontre durant et après la crise. » Les aidants de première ligne sont donc les personnes les plus proches de l’épicentre en dehors des survivants de l’attaque. Depuis deux ans, notre collectif, soutenu par « Life for Paris », se bat pour la reconnaissance et la création d’un statut pour les aidants de première ligne. Nous avons été confrontés à la mort, aux blessures et à la souffrance délibérément infligée par les terroristes. Nous y avons répondu en faisant rayonner la solidarité. Il appartient aujourd’hui à l’Etat de s’assurer que les citoyens continueront d’avoir envie d’aider leur prochain en cas d’attaque terroriste.

JLW

Jean-Luc Wertenschlag, président du Collectif Citoyen du 13 Novembre.

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