Soigner, Nice, 14 juillet 2016

First Editions 14 juillet 2016, le livre mémoire

Le 14 juillet 2016 restera dans toutes les mémoires comme le jour où Nice a été frappée par l’un des plus terribles attentats qu’ait eu à subir notre pays ces dernières années. Qui plus est sur le site le plus emblématique de la ville : la promenade des Anglais. Et si en cette nuit du 14 juillet, 86 personnes ont perdu la vie, on ne saurait oublier que de multiples blessés pris en charge dans les premières minutes ont survécu grâce à l’intervention de soignants. Médecins, infirmiers, pompiers, ambulanciers, secouristes… Autant d’hommes et de femmes qui étaient en service, ou qui sont venus spontanément, pour porter secours. Et qui ont oeuvré à faire de cette nuit terrible une nuit où l’on a aussi sauvé des vies. A travers cet ouvrage, Marc Magro donne la parole à ces acteurs du secours pour qu’ils témoignent chacun de leur propre expérience vécue ce 14 juillet.
Soigner Nice 14 juillet 2016, Marc Magro, First Editions, 317 pages. Prix : 16,95 €.

couverture soigner marc magro

 

marc magro

 L’Auteur

 Marc Magro a 45 ans. Médecin urgentiste aux CHU de Nice et de Menton,

 il est psychologue clinicien et intervient aussi en tant que capitaine sapeur-pompier

 entre Nice et Antibes (06).

 

Tournés dans la même direction

Pourquoi un tel livre tout juste un an après l’attentat de Nice ?
Je n’étais pas sur la promenade ce jour là mais mes enfants y étaient. Ils m’ont raconté ce qu’ils ont vu. Puis des collègues – médecins, infirmiers, ambulanciers… – m’ont rapporté à leur tour ce qu’ils avaient vécu cette nuit là. Trois mois après le 14 juillet, j’ai commencé à recueillir leurs témoignages dans le but de faire ce livre. Je voulais qu’il reste une trace du vécu des soignants. A partir de leurs expériences singulières, cet ouvrage met en lumière une solidarité globale au sein des secours. Les regards sont différents mais tournés dans la même direction.

Quels enseignements peut-on retenir à travers ces témoignages ?
Des RETEX ont été élaborés suite à l’attentat. Bien sûr, tout n’a pas bien fonctionné ce 14 juillet. Les réseaux ont été saturés, ce qui a inévitablement posé des problèmes en terme de régulation. L’hôpital pédiatrique de Lenval a dû également faire face à un afflux important de victimes. Heureusement à Nice, nous avons le trauma center de Pasteur 2 où de nombreuses victimes ont été rapidement transportées.

Votre démarche a t-elle une visée thérapeutique ?
La nuit même et les jours qui ont suivi le 14 juillet, chaque soignant a pu se poser cette question : est-ce que j’ai fait ce qu’il fallait ? Cette remise en cause nait d’un sentiment de débordement. Il y a eu certes des RETEX sur les aspects techniques inhérents à l’intervention, mais pas ou peu en matière de prise en charge psychologique. Il serait bon que les soignants qui ont vécu les mêmes choses cette nuit là puissent être réunis par groupe pour échanger et vérifier qu’ils ont pu dépasser leurs interrogations légitimes nées en raison des choix difficiles auxquels ils ont été confrontés.

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