Tribune : 8 associations d’élus et de professionnels de santé alertent le gouvernement

Publié le 27 septembre dernier par l’Association des maires de France, une tribune co-signée par 8 associations d’élus et de professionnels de santé alerte le Gouvernement sur la dégradation d’un accès aux soins équitable pour tous les français.

L’Association des citoyens contre les déserts médicaux, la Fédération nationale des techniciens ambulanciers urgentistes, le Syndicat des infirmières et infirmiers libéraux, le Syndicat des médecins libéraux, Samu Urgences de France, l’Union nationale des professionnels de santé, l’Association des maires ville et banlieue de France, et l’Association des maires ruraux de France ont dénoncé dans une tribune la mise à mal de notre système de santé suite à trente ans de choix politiques inappropriés.

Voici ci-dessous le texte publié par les huit signataires :

« NOUS, ENSEMBLE, fédérations de professionnels de santé, syndicats, associations de citoyens et d’élus, ambulanciers, Samu, urgentistes, faisons le constat commun que notre système de santé est en danger, mis à mal par trente ans de choix politiques inappropriés et par une désertification sanitaire qui ne cesse de s’étendre. Remédier à cette situation est une urgence absolue.

Dix pour cent de la population française n’a plus de médecin traitant. Si l’appel au Samu-Centre 15 permet à chaque Français d’accéder immédiatement à un médecin régulateur, 800 000 de nos concitoyens sont à plus de trente minutes d’une équipe mobile d’urgence et de réanimation, et 6 millions vivent à plus de trente minutes d’un service d’urgence, dont 75 % en milieu rural. La pénurie du temps médical met en difficulté l’hôpital et l’organisation des soins de ville, engendrant des retards de diagnostic, de traitement, et des renoncements aux soins.

Cela a pour effet de creuser de deux ans la différence entre l’espérance de vie des habitants des villes et celle des habitants des campagnes.

Sans interlocuteurs accessible, les patients se confrontent à des services d’urgence saturés et à une offre de premiers secours (Smur, sapeurs-pompiers et services ambulanciers) sursollicitée qui ne peut répondre au mieux à la demande. Aucun secteur n’est épargné. Kinésithérapeutes, médecins, infirmiers, pharmaciens, internes, chirurgiens-dentistes, pompiers, urgentistes hospitaliers, ambulanciers, sages-femmes, paramédicaux, biologistes, élus… Tous font face à la même souffrance de ne pouvoir exercer correctement leur métier, ni apporter des solutions concrètes à leurs concitoyens sur ‘ensemble du territoire.

Touchant à présent tous les départements, la crise s’amplifie sans qu’aucune solution satisfaisante ne soit déployée. Nous sommes tous en première ligne face à cette catastrophe annoncée. « Habitant », « patient », « citoyen » : ces mots, qui désignent une même et unique personne, nous font nous sentir tous concernés et nous poussent à la mobilisation.

Aussi, nous appelons les pouvoirs publics, les candidats à l’élection présidentielle et tous les acteurs, de santé ou non, à s’engager à nos côtés face à la gravité de la situation. La solution est plurielle et nous en sommes les artisans. Grâce aux acteurs locaux, elle émerge déjà de nombreux territoires mais ne parvient pas à modifier durablement l’équation.

Nous sommes prêts à travailler ensemble pour résoudre cette crise et rétablir le droit universel à une santé égalitaire pour tous, comme le prône la Constitution. L’État doit nous entendre et s’engager à nos côtés. Nous appelons tous ceux qui se retrouvent dans ces constats à participer à un travail commun afin de modifier le rapport de force au service d’un meilleur accès aux soins, partout et pour tous. »

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