Pour ou contre #23 : Les équipages à deux

Intervenir à deux plutôt qu’à trois – certaines entités s’organisent même en équipe de quatre ou cinq secouristes – pour des opérations bien spécifiques est une idée qui commence à faire son chemin. Il s’agit d’ailleurs d’une proposition du dernier rapport IGA/IGAS sur l’évaluation de l’application du référentiel d’organisation SAP/AMU…

Propos recueillis par Aurélie Renne

 

POUR

« Mon point de vue ne peut pas se résumer de manière binaire, car il y a tout de même une priorité absolue chez les secouristes : celle de mettre la victime au centre de nos préoccupations. Les moyens publics doivent s’organiser pour répondre à son intérêt. S’il s’agit d’apporter un secours complémentaire qui améliore la réponse opérationnelle alors je ne suis fermé à rien. Au SDIS 13, nous utilisons déjà ce que l’on appelle le « prompt secours » en équipage à deux, quand nous n’avons pas la possibilité d’envoyer plus, souvent par manque d’effectif. Mais ce n’est pas le plus approprié. En revanche, on peut imaginer revoir le dispositif de régulation du secours à personne et l’optimiser. L’idée ? Mieux réguler, faire un diagnostic de ce qui va ou ne va pas et envisager, en fonction de l’alerte, une première équipe avec par exemple un conducteur et un paramédical qui viendrait approfondir le réel besoin sur le terrain. Mais tout dépend de la nature de l’intervention. C’est pour cela que tout doit se jouer à la réception de l’alerte. Pouvoir apprécier précisément ce qui se passe sur le terrain serait déjà un progrès. Il conviendrait ensuite d’envoyer les moyens adaptés à la situation ! »

Lieutenant Jean-Bruno Boueri, responsable CGT au SDIS 13

 

CONTRE

« Dans le cadre de la formation PSE 2, les enseignements effectués pour les immobilisations, relevages et brancardages ne prévoient que très peu de techniques réalisables à deux équipiers secouristes. Pour intervenir à deux, il faudrait refondre la formation des secouristes. Dans le cas contraire, il conviendra d’alerter un deuxième véhicule afin de réaliser les techniques décrites dans les référentiels. Cela solliciterait finalement deux véhicules et quatre secouristes pour une mission qui aurait pu être réalisée avec un seul engin et un équipage de trois ou quatre personnes. Le principe de deux secouristes dans un contexte tel qu’il existe déjà dans d’autres pays européens ou aux Etats-Unis, avec les First responders, permet effectivement de diminuer les délais d’intervention et la réalisation de gestes de secours rapides en attente d’une deuxième équipe pour l’évacuation de la victime vers un centre hospitalier. C’est sans doute une solution pour pallier aux nombreuses carences de vecteurs sanitaires et pour améliorer le délai de réponse face à une urgence vitale. Toutefois, pour en arriver à ce stade, il faut étudier le périmètre d’action, la population présente, les financements du personnel, de la formation, du matériel et du véhicule… sans oublier sa rentabilisation pour qu’il soit pérenne. »

Julien Eberlin, directeur départemental des opérations de la Protection civile du Bas-Rhin

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