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Trop de contraintes menacent les hélicoptères des Smur

L’Association française de l’hélicoptère sanitaire hospitalier (AFHSH) alerte sur la multiplication des contraintes économiques réglementaires et opérationnelles. En réduisant la disponibilité de vol des appareils, elles altèrent la capacité de réponse médicale aux urgences. L’AFHSH appelle à une refonte en profondeur de ce cadre d’intervention.

Après trois décennies de progrès, l’héliSMUR (les moyens héliportés des Samu), traverse une situation paradoxale. Ses moyens aériens deviennent de plus en plus performants mais ils restent parfois cloués au sol en raison des contraintes d’utilisation des appareils. « Nous avons construit un outil d’une sécurité et d’une performance remarquables, mais qui perd en disponibilité. Les médecins régulateurs doivent pouvoir compter sur un moyen aérien aussi facile à engager que les SMUR terrestres », alertent dans un communiqué, les docteurs Nicolas Letellier, fondateur de l’AFHSH et de l’héliSMUR de Dreux et Christophe Boyer, président de l’AFHSH et chef de service SAMU-SMUR du CHU d’Amiens.

Des obstacles techniques, réglementaires et financiers

Les urgentistes pointent un cadre réglementaire conçu pour l’aviation commerciale, de plus en plus strict en termes de sécurité aérienne. Les données météo de proximité deviennent également moins accessibles. Par ailleurs, les coûts de l’héliSMUR augmentent, sans que les financements suivent. Les tarifs auxquels les pouvoirs publics rémunèrent les compagnies aériennes privées qui opèrent ces services d’urgence ne couvrent pas leurs coûts. Enfin, une nouvelle réglementation, qui s’appliquera aux vols de nuit à compter du 25 mai prochain, inquiète les Smur. « Les vols SMUH de nuit vont être interdits s’ils sont effectués sans jumelles à vision nocturne jusqu’à très basse altitude, sauf si la zone de poser pour le patient est habitée et éclairée ou si elle a été préalablement reconnue par l’opérateur », s’alarme l’AFHSH. Avec le d’augmenter les interruptions de service ponctuelles. Autrement dit, les pertes de chances pour les victimes.

Repenser le modèle de l’héliSmur

Concrètement, l’AFHSH réclame aux pouvoirs publics une série de mesures, en commençant par la définition d’une doctrine nationale spécifique. Ils revendiquent également une adaptation des règles aux réalités du soin d’urgence. Davantage de moyens techniques et financiers seront nécessaires : stations météo performantes, IFR (règles de vol aux instruments) basse altitude, hélicoptères modernes avec trois passagers médicaux, jumelles de vision nocturne. Le pilotage des héliSMUR devrait par ailleurs se renforcer pour moins d’hétérogénéité selon les territoires. Enfin des innovations technologiques et une meilleure structuration du financement sont attendues. « Il est temps de repenser notre modèle pour que l’héliSMUR redevienne un secours rapide, fiable et au service du patient, à tout moment et sur tout le territoire », clament les deux urgentistes.

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