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Valorisation du bénévolat de Sécurité civile : la grande Assemblée des AASC 

Jeudi 22 septembre dernier, les présidents ou représentants des Associations agréées de sécurité civile (AASC) étaient réunis à l’Assemblée nationale sous l’impulsion du député du Var Yannick Chenevard. Objectif de la réunion : travailler à la construction d’un projet de Loi visant à valoriser et faire reconnaître le bénévolat de Sécurité civile.

Les présidents ou représentants des AASC nationales étaient réunis le 22 septembre dernier autour du député Yannick Chenevard / (c) J. de Jerphanion

« Toutes les associations agréées de sécurité civile nationales étaient conviées, entonne Yannick Chenevard. Et elles ont toutes répondu présentes », enchaîne ce dernier non sans un certain contentement. Invitées pour recueillir leurs mots, afin que chacune puisse s’exprimer sur ses problématiques, mais aussi proposer des idées pour valoriser, remercier, fidéliser les bénévoles, les associations réunies ce jour ont été plutôt volubiles. Le brainstorming orchestré pour l’occasion aurait donné lieu, des dires du député, à une quantité importante de lignes sur le tableau blanc mis à disposition dans la salle de réunion. Pour illustrer ses propos, Yannick Chenevard n’hésite pas à montrer ses propres notes, compilées sous forme de plusieurs pages A4 noircies de son écriture fine. « Malgré les différences structurelles ou opérationnelles des différentes AASC, j’ai eu la nette sensation d’avoir face à moi une seule et même famille », assure Yannick Chenevard. Une famille qui compte aujourd’hui 250 000 membres, toutes associations confondues, et sur laquelle le modèle de sécurité civile français repose au même titre que sur celle des sapeurs-pompiers. Cependant, à la différence des soldats du feu, les bénévoles des associations agréées de sécurité civile se sentent aujourd’hui peu reconnus et valorisés par la République. Après deux dernières années très tendues liées à la crise sanitaire, mais à laquelle les bénévoles des AASC ont répondu sans flancher, elles souhaitent, et ont besoin, que soient reconnus à leur juste valeur l’énergie, l’engagement et le professionnalisme de leurs membres bénévoles.

Investi depuis l’âge de 15 ans dans le bénévolat de Sécurité civile auprès de la Fédération nationale de protection civile (FNPC) dont il a été le président de 2009 à 2012, le député maîtrise son sujet. « L’heure n’est plus à se questionner sur la légitimité des bénévoles dans l’organisation de la Sécurité civile. Lors de la première phase du Covid, ce sont 16 millions d’heures de bénévolat qui ont été consacrées. Et sur la deuxième, pas moins de 25 à 30 millions ! Si vous les transformez en ETP (équivalent temps plein, ndlr), ça commence à peser », proclame Yannick Chenevard.

Le temps long

Reconnaître et valoriser le bénévolat est une étape-clé pour recruter et fidéliser les acteurs associatifs de la Sécurité civile et s’assurer de la pérennité du modèle français de réponse aux urgences et aux crises. Si un texte de loi est une solution tout à fait légitime pour arriver à cette fin, sa construction n’est pas de tout repos. « Le député Chenevard nous a bien fait prendre conscience de la difficulté du cheminement, relate Stéphane Voisin, cadre national opérationnel de la Fédération française de sauvetage et de secourisme (FFSS), présent à la réunion du 22 septembre. C’est un travail sur le temps long qui nous attend. Il faudra faire des propositions d’ordre législatif, et non administratif, car une loi n’est pas un fourre-tout des difficultés du quotidien. Il faut prendre de la hauteur et garder en tête notre objectif : faire reconnaître à sa juste valeur le bénévolat de sécurité civile. » Pour cette première rencontre, pas de propositions concrètes, pas de revendications. Chaque association a eu l’opportunité d’exprimer des ambitions, des idées ou faire un diagnostic de son « état de santé associatif ». Malgré des missions parfois très différentes entre les associations agréées, « il y a eu tout au long de la réunion une forme d’unanimité, de consensus », explique Gilles Barsacq, président du Conseil national de la protection civile (CNPC), accompagné par le président de sa première commission, Alain Rissetto. « Cette initiative du député Chenevard est d’ores et déjà positive de par la marque d’intérêt qu’elle porte aux AASC et à la mission des bénévoles. Elle illustre la prise de conscience de nombreux acteurs publics quant au rôle majeur des associatifs dans la gestion des crises ces dernières années », poursuit Gilles Barsacq.

Séance de travail dans les bureaux de l’Assemblée nationale / (c) J. de Jerphanion.

Rendez-vous est désormais pris d’ici deux mois environ, afin de laisser à chacun le temps de compiler les premières informations reçues et resserrer progressivement les propositions pour aller à terme vers un texte plus concret. Le travail n’en est qu’à son début, car il ne faudra pas moins de deux ans pour que cette proposition de loi se matérialise. « Il faut apprendre à s’investir sur le temps long. On nous fait croire aujourd’hui que ça ne sert à rien, lance Yannick Chenevard. Quand on travaille sur un modèle qui aide au bon fonctionnement de la Nation, il faut savoir prendre le temps nécessaire. Je ne suis pas un homme pressé ; je veux simplement arriver à mon objectif : un texte fondateur qui soit celui de tous les bénévoles de la sécurité civile ».

Pour aller plus loin : lire l’interview du député Yannick Chenevard dans le prochain numéro de Secours Mag (n°71-Novembre/Décembre 2022)

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