Dessine moi le Samu Social

Chroniques du 115, Aude Massot, éditions Steinkis, 128 pages. Prix TTC : 17 €.

C’est une forme de traitement très originale du 115 – le Samu Social – que nous propose Aude Massot, scénariste et dessinatrice de bandes dessinées. Elle y raconte une véritable histoire – son histoire – lorsqu’elle a voulu s’intéresser à cette institution visant à aider les personnes sans abris. Sous forme d’un formidable travail documentaire, elle y relate sa rencontre avec Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu Social, et son immersion au sein des équipes de maraude. Le résultat est surprenant car il entraîne le lecteur d’une façon ludique, mais non moins réaliste, à comprendre les problématiques de l’exclusion et de son traitement, en particulier à Paris. Un ouvrage à mettre entre les mains de tous les acteurs du secours amenés régulièrement à intervenir auprès des personnes en marge de la société.

 

L’Auteur

© Chloé Vollmer-Lo

Aude Massot a suivi l’enseignement de l’Ecole supérieure d’art de Saint-Luc (Bruxelles). Outre son activité d’auteur de bandes dessinées, elle est également storyboardeuse de dessins animés depuis dix ans.

“ Le dessin est parfait pour faire passer un ressenti ”

Comment en êtes-vous venue à vouloir traiter le sujet du Samu social ?
Je suis passionnée de sociologie et par le monde qui m’entoure. Une de mes amies est éducatrice spécialisée au 115 et fait régulièrement des maraudes. Elle m’a raconté son quotidien et l’idée est venue de là. Son récit était nourri d’une multitude de personnalités, d’anecdotes drôles ou dramatiques. C’était un terreau très stimulant en terme de création.

 

Qu’apporte le dessin dans ce type de travail documentaire ?
Le dessin est parfait pour faire passer un ressenti, notamment quand on traite une certaine forme de violence. Ce qui est passionnant en BD, c’est le travail de mise en scène. On peut faire passer beaucoup de dramaturgie tout en permettant au lecteur de réinterpréter le dessin à sa manière.

 

Que retenez-vous de cette aventure ?
J’ai vécu une expérience incroyable, qui m’a permis d’être confrontée à un milieu que je connaissais très peu : l’exclusion. Je regarde les choses différemment aujourd’hui, car c’est très facile de ne pas vouloir la voir, notamment à Paris.

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