Webinar MSA-Atraksis : Pompier de demain, pompier plus serein ?

Mardi 1er décembre 2020, la société MSA, fabricant historique de matériels pour les sapeurs-pompiers s’est alliée avec l’association Atraksis pour organiser un Webinar sur le thème : « Le pompier de demain, un pompier connecté ? ». L’un des principaux enjeux identifié : la technologie doit être au service de la sécurité du soldat du feu, et donc de sa sérénité.

(c) Sylvain Ley

L’objectif de ce webinar était d’identifier les besoins concrets des sapeurs-pompiers face à l’évolution technologique de leur métier. L’appétence est réelle, notamment pour le secteur incendie. Si ces interventions ne représentent que 7 % des missions des sapeurs-pompiers, elles sont de plus en plus techniques et leur ampleur ne cesse de grandir. Elles sont aussi les plus dangereuses humainement. A en croire les représentants des soldats du feu présents à ce webinar, la sécurité des intervenants est l’un des premiers champs d’investigation pour les nouvelles technologies. Aide à la progression dans les fumées, optimisation de la communication entre les binômes et/ou avec le commandement, traqueur GPS pour suivre le SP dans sa reconnaissance… Tous ces outils peuvent en effet éviter bien des drames vécus par le passé. Améliorer la sécurité, c’est aussi rassurer l’intervenant. Et donc limiter le stress de ce dernier et amplifier son efficacité. Un pompier rassuré consomme par exemple beaucoup moins d’oxygène qu’en situation de stress. « La connectivité permet d’anticiper les besoins, d’aider la décision, d’optimiser la ressource humaine, explique Sébastien Avenel, commandant de sapeurs-pompiers au SDIS des Yvelines (78). Mais l’optimisation doit avoir lieu dans les deux sens : permettre au sapeur-pompier d’aller plus loin dans sa progression le cas échéant, mais aussi freiner les ardeurs de certains. »

Un monde data

La connectivité et donc la remontée d’informations – les datas – présentent aussi l’avantage de pouvoir capter les données d’une intervention, de réaliser un suivi médical plus pertinent, et même de l’envisager à terme tout au long d’une carrière. Un bénéfice certain sur le plan médical pour ces femmes et hommes qui « mangent de la fumée », de plus en plus toxique. Ces datas permettront aussi d’affiner les Retex, et même de pouvoir rejouer les sénarii de certaines opérations, afin de mieux les comprendre. « Mais les organisations sont-elles prêtes à recevoir aujourd’hui ces Retex plus fins, ces timelines beaucoup plus précises ? », interroge Thibaut Reffay, président d’Atraksis, qui pense notamment au risque de judiciarisation des interventions grandissant pour les SDIS.

Des appréhensions
(c) Sylvain Ley

Car si la connectivité attire, elle est aussi source d’une certaine appréhension. «  La connectivité doit être au service du pompier et non l’inverse, affirme Thierry Beauvais, du SDIS de Seine-et-Marne (77). Elle doit pouvoir simplifier l’accès aux informations : un pompier, c’est quelqu’un de terrain. L’information doit être facile et ne pas tourner à l’usine à gaz. » La crainte des soldats du feu est en effet de voir se développer des technologies de plus en plus précises, mais moins intuitives, au risque de diminuer la résilience de l’intervenant. « L’enjeu des industriels est de trouver des solutions simples, pour que l’intervenant garde les mains libres. Sapeur-pompier est un métier rustique », continue Sébastien Avenel. Une préoccupation que MSA semble entendre et comprendre. Fidèle allié des sapeurs-pompiers depuis des décennies, notamment à travers la production de casques F1, ou d’appareils respiratoires isolants, le groupe MSA confirme les intervenants dans leur désir de produire des matériels adaptés à la réalité du terrain. « La connectivité ne doit pas entraîner l’hyper-connexion qui peut créer une surcharge cognitive pour le sapeur-pompier », rassurent d’une même voix Aurélie Favre, responsable de marché et Yohan Morel, responsable marketing chez MSA. Outre une surcharge cognitive, c’est aussi le risque d’une surcharge budgétaire qui surgit dès lors que l’on parle de nouvelles technologies. « Il est important de mutualiser les réflexions et les coûts au sein des SDIS, en créant une structure idoine », relève Thibaut Reffay. Et pourquoi même ne pas bénéficier des fruits du travail de réflexion d’autres entités, comme l’Armée ?

Loin du pompier Robocop tel qu’on peut l’imaginer dans les meilleurs albums de science-fiction, les nouvelles technologies au service des pompiers semblent donc s’orienter aujourd’hui surtout vers des outils de connectivité. MSA avance sur ce domaine et proposera à ce titre le 15 décembre prochain un nouveau Webinar pour présenter leurs nouveaux matériels en ce sens.

Plus d’informations sur https://fr.msasafety.com/msa-connected

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