Secours Expo 2016 : Bénévolat / volontariat : une crise des vocations ? La grande famille des secours

Représentants de l’Etat, des sapeurs-pompiers ou des associations agréées se sont retrouvés ensemble pour évoquer les problèmes liés au bénévolat et au volontariat de sécurité civile. Des statuts différents qui rencontrent des problématiques similaires…

Le volontaire est un bénévole comme un autre. Dr Christian Wax, FNPC

 

“En France, nous avons la chance d’avoir plusieurs familles : police, (…) SAMU, Sécurité civile et associations qui rassemblent plus d’un million de citoyens, introduit Michel Sappin, préfet Hors Classe et ancien directeur général de la Sécurité civile. Or, la famille associative a été un peu laissée à l’écart au cours de ces dernières années. » Philippe Sauzey, qui présente conjointement son rapport, rebondit. « C’est un milieu méconnu des pouvoirs publics. Le lien s’était distendu, incontestablement. » Le général Joël Prieur ne peut que corroborer ces propos. « Le secourisme est un ensemble de gestes délégués de l’Académie de médecine (…). Ils sont soumis à une très grande rigueur (…) et à une avalanche de normes. Cet univers extrêmement réglementé est celui dans lequel évolue aujourd’hui les bénévoles des associations. » Le Conseil national de la protection civile, notamment depuis l’arrivée à sa tête de la préfète Michèle Merli, permet de regrouper les principaux acteurs du secours et de réfléchir ensemble à des solutions. « Nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes difficultés, les mêmes enjeux et cela nous amène à nous coordonner mieux que nous ne l’avons fait », explique le Dr Patrick Hertgen. Les effectifs des sapeurs-pompiers volontaires sont pour leur part en baisse et l’enjeu est considérable, « car il n’est pas question en France que nous fassions sans les sapeurs-pompiers volontaires », rappelle le représentant de la FNSPF. Le Dr Wax tient pour sa part à préciser que « le sapeur-pompier volontaire est au final un bénévole comme un autre. Ce serait faire un contresens majeur pénalisant, qui ne permettrait pas d’augmenter les effectifs, si nous décidions d’opposer le volontaire au bénévole. » Le ton est donné. Le secours est une grande famille à l’intérieur de laquelle chaque membre doit travailler conjointement pour obtenir des résultats. Résultats qui ne sont d’ailleurs pas si décourageants, souligne Jean Benet, représentant de la DGSCGC. « Les études qui ont été menées dans le cadre de l’engagement associatif prouvent que, sur le plan quantitatif, il y a une augmentation du nombre de bénévoles. » L’enjeu repose plutôt sur les dirigeants de ces mouvements : responsabilité, disponibilité, professionnalisation des postes, etc. Un énorme travail est à entreprendre, mais tous les acteurs présents semblent convaincus que la coopération reste la meilleure arme pour résoudre des problèmes communs.

Arnaud Léman

 

Les intervenants

• Michel Sappin, préfet Hors Classe, auteur des « propositions pour une meilleure insertion des associations agréées de sécurité civile dans le dispositif de sécurité globale »

• Philippe Sauzey, inspecteur général de l’administration, auteur du rapport intitulé « Bénévolat de sécurité civile : bilan et plan d’action »

• Jean Benet, adjoint au directeur général de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), chargé de la direction des sapeurs-pompiers

• Dr Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF)

• Général Joël Prieur, président de la commission permanente du secourisme du Conseil national de la protection civile (CNPC)

• Dr Christian Wax, président de la Fédération nationale de la protection civile (FNPC)

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