Face au dérèglement climatique, la FNSPF plaide en faveur d’une politique de protection des populations
Dans le cadre du Mondial Secours & Protection qui vient de s’achever, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) appelle les pouvoirs publics à adapter leurs réponses au dérèglement climatique. Plutôt de gérer les crises qui se succèdent, l’urgence réside selon elle dans l’élaboration d’une politique de protection des populations, dotée des moyens adéquats.
La FNSPF enfonce le clou avec le quatrième et dernier volet de sa série de prises de parole, intitulée « Moderniser vraiment ». Elle complète ainsi sa critique du projet de loi de modernisation de la sécurité civile 2 (MOSC 2) en formulant des propositions alternatives.
Préparer les citoyens et mettre les moyens
Dans le cas des crises liées au dérèglement climatique, le salut ne proviendra pas d’une substitution des moyens de l’État à ceux des territoires. L’enjeu réside davantage dans un pilotage politique « plus puissant, plus transversal et plus clairement identifié », estime la Fédération dans un communiqué. En clair, il ne serait plus question seulement de répondre aux crises lorsqu’elles surviennent mais d’adopter une logique préventive. Celle d’une protection des populations faisant la part belle à la planification, à la culture du risque, à la résilience des territoires ou encore à la préparation des citoyens.
Trois leviers de transformation
Dans le détail, la Fédération préconise la création d’une direction métier nationale des sapeurs-pompiers qui travaillerait en lien avec les services d’incendie et de secours. Elle porterait les doctrines, les métiers, les compétences, la santé, les équipements, l’innovation, les ressources humaines ainsi que la prospective.
Un deuxième levier consisterait à bâtir un ministère en charge de la protection civile, de celle des populations et des situations d’urgence. Cette organisation administrative facilitant un pilotage interministériel de la prévention et de la réponse aux crises.
Enfin, la FNSPF réclame une refondation du contrat entre l’État et les territoires selon un principe de subsidiarité. Le premier serait stratège en s’affirmant comme le garant de la solidarité nationale, de la planification et des capacités de rupture. Les seconds assureraient une réponse de proximité sous un commandement clairement organisé. Une occasion de rappeler également que l’organisation territoriale des secours a déjà prouvé son efficacité et sa résilience. « L’été n’a pas démontré l’échec des territoires. Il a démontré leur capacité à tenir, à mobiliser leurs sapeurs-pompiers, à s’entraider et à faire jouer la solidarité nationale. La réforme doit renforcer cette architecture, pas la fragiliser », tranche la FNSPF.

