Face aux incendies de l’été, de nouveaux moyens aériens entrent en scène
Confrontés à plusieurs feux de grande ampleur et simultanés, les sapeurs-pompiers ont reçu cet été le renfort de moyens aériens exceptionnels. Une nécessité dictée par la gravité de la situation qui a permis de valider les conditions d’emploi de ces nouveaux matériels.
Compte-tenu de l’ampleur des grands feux de l’été, le recours au mécanisme de solidarité européenne (RESCUE), mobilisant des moyens aériens complémentaires, n’a pas suffi. Pour étoffer le dispositif, les pouvoirs publics ont signé une convention expérimentale avec Airbus, le 17 juillet dernier. Objectif : employer les avions militaires de transport, A400M, pour larguer des produits retardants, au moyen d’un kit expérimental.
Largages de retardant pour l’A400M
La Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) et l’avionneur avaient déjà procédé à des essais en 2025. L’urgence de la situation a permis d’aller au-delà en engageant cet appareil sur le front des incendies de Gironde. Ainsi équipé, l’A400M dispose d’une capacité d’emport de 20 tonnes, équivalente à celle de deux Dash. Cependant, il n’a pas l’agilité nécessaire pour attaquer directement les incendies. C’est pourquoi, sa mission a consisté à larguer du retardant en amont, afin d’établir des lignes de protection. En outre, l’expérience montre que l’appareil, qui doit retourner à sa base pour se recharger, a un rythme de rotation assez lent.
Le CH-47D Chinook à l’attaque des flammes
L’attaque directe des feux a été confiée à un autre renfort : l’hélicoptère CH-47D Chinook. Arrivé d’Australie avec son personnel, il présente des caractéristiques exceptionnelles. D’une part, il emporte 11 tonnes d’eau. D’autre part, il se montre agile en se positionnant au plus près de l’incendie pour effectuer des largages massifs ou progressifs sur une zone plus étendue. Quant au rechargement en eau, il s’effectue en 90 secondes, ce qui autorise des rotations rapides. Cet été, les pouvoirs publics ont concentré la puissance hydraulique de cet appareil sur les fronts les plus actifs. Le Chinook a été servi par du personnel venu d’Australie. Il s’est inséré dans un dispositif complété par deux appareils de la Sécurité civile. Un Dragon a marqué les zones de largage, alors qu’un Bell 412 a assuré une liaison image afin de guider le Chinook avec précision et d’analyser l’efficacité opérationnel des largages.
Des moyens qui resteront exceptionnels
Malgré l’efficacité de ces renforts, les pouvoirs publics n’envisagent pas leur intégration dans la flotte de la Sécurité civile. « Le Chinook n’a pas vocation à remplacer les Canadair, les Dash ou les autres hélicoptères bombardiers d’eau de la Sécurité civile. Il constitue un moyen complémentaire, offrant au commandement français des opérations une possibilité supplémentaire pour adapter la réponse aérienne à la situation », évoque-t-elle dans un communiqué. De même pour l’A400M, propriété du ministère des armées et des anciens combattants.
Rappelons que la Sécurité civile dispose actuellement d’une flotte de 65 appareils. En ce qui concerne les avions, elle se compose de 12 Canadair (6 000 litres), 8 Dash (10 000 l), 6 Airtractor (3 100 l). En outre, trois Beechcraft Super King Air assurent la coordination et l’investigation sur les principaux chantiers.
La DGSCGC peut également compter sur une douzaine d’hélicoptères bombardiers d’eau : 6 lourds de 3 500 l, 4 légers de 1 000 l et 2 Dragon équipés d’un Bambi bucket (800 litres), auxquels s’ajoutent 27 hélicoptères départementaux.

