Le ministère de l’Intérieur annonce un plan pour enrayer les violences contre les sapeurs-pompiers
Face à la recrudescence des agressions contre les sapeurs-pompiers, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un ensemble de mesures destiné à prévenir ces incidents et à accompagner ceux qui en sont victimes.
Les derniers chiffres du ministère l’Intérieur font état de 4 551 agressions de sapeurs-pompiers en 2024 (contre 4 403 en 2023), dont 3 629 ont fait l’objet d’un dépôt de plainte. Dans les trois quarts des cas, les agresseurs étaient les victimes auxquelles les sapeurs-pompiers portaient secours. Ce phénomène en progression explique la présentation, le 13 février dernier, par Laurent Nuñez, d’un plan de prévention. En déplacement à Toulon, le ministre a proposé 19 mesures rassemblées autour de cinq axes stratégiques : mieux connaître les menaces, prévenir et anticiper les situations à risque, préparer les agents face à la violence, accompagner sans faille les victimes, bannir toute forme d’impunité.
Prévenir les attaques
Parmi les mesures relevant de la prévention, le ministère préconise l’utilisation de NexSIS pour apporter des information localisées, l’instauration de référents qualifiés au sein de chaque zone de défense, l’accès des SDIS au fichier de suivi des personnes admises en soins psychiatriques, un partenariat avec les forces de l’ordre pour la prise en charge des ivresses publiques. Le plan innove également en proposant le déploiement de caméras piétons et embarquées ainsi que la formation des sapeurs-pompiers aux techniques d’auto-protection, d’évitement et de désescalade. Un guide de doctrine sera rédigé sur le port de gilets pare-lames afin de protéger les personnels contre des agressions au couteau (bien que celles-ci restent rares).
Accompagner les victimes
Par ailleurs, le plan prévoit un meilleur accompagnement des sapeurs-pompiers agressés notamment en ce qui concerne la réparation du préjudice au titre de la protection fonctionnelle ou par une saisine du fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI). Le ministère entend également faciliter les dépôts de plainte par la désignation d’un interlocuteur au sein des SIS et par la prise en considération du risque de représailles. Les forces de l’ordre seront formées à ce situations et invitées à enregistrer rapidement les plaintes, au besoin en visioconférence.
Un accueil mitigé
Des mesures globalement bien accueillies par les syndicats mais ces derniers restent divisés. Ainsi le Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs, techniques et spécialisés (SNSPP-Pats) s’oppose à la formation des sapeurs-pompiers aux techniques de dégagement physique. Quant à Sud Sdis, il déplore l’absence d’évolution de la réglementation. Il préconise notamment la création de parquets spécialisés, un meilleur encadrement de la vente de mortiers d’artifice et une clarification de la notion de droit de retrait des sapeurs-pompiers.
A noter que ce plan n’est pas le premier à s’attaquer à la question des violences contre les secours. En août 2020, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, avait présenté une série de mesures jugées nécessaires mais aujourd’hui insuffisantes. En témoignent les derniers chiffres de l’Observatoire national des violences envers les sapeurs-pompiers, institué suite à ce premier plan.

