Les compétences des infirmiers élargies aux premiers secours
Dans le cadre d’un élargissement global de leurs compétences, les infirmiers se voient reconnaître une habilitation à dispenser des soins d’urgence. Deux situations se distinguent selon l’existence d’un protocole de soin.
En cas d’urgence ou de détresse psychologique, les infirmiers pourront intervenir, même en l’absence de médecin. Telle est l’évolution professionnelle que vient préciser un décret en date du 24 décembre 2025. Ce texte distingue deux situations.
La première encadre l’intervention de l’infirmier au moyen de « protocoles de soins d’urgence, préalablement écrits, datés et signés par le médecin responsable. Dans ce cas, l’infirmier accomplit les actes et soins prévus dans ces protocoles ainsi que les actes conservatoires nécessaires jusqu’à l’intervention d’un médecin. » Après avoir effectué ses soins, l’infirmier rédigera un compte rendu, daté et signé, qu’il remettra au médecin. Ce document sera annexé au dossier du patient.
La seconde situation prévue est celle d’une intervention hors protocole. L’infirmier pourra tout de même décider « des gestes et mesures conservatoires à pratiquer dans l’attente de l’intervention d’un médecin. En outre, il prendra toutes les mesures nécessaires pour diriger la personne vers la structure de soin la plus adaptée à son état.
Un élargissement attendu des missions des infirmiers
Ces dispositions précisent les mesures introduites par la loi sur la profession d’infirmier du 27 juin 2025. Ce texte a modifié le code de la santé publique (article L4311-1-3°) en permettant à l’infirmier « dans le cadre de son rôle propre, en accès direct, et dans le cadre de son rôle prescrit, [de] participer aux soins de premier recours. » Tout en précisant que cette action doit s’inscrire « dans le cadre de coopérations organisées avec les établissements et services de santé, sociaux et médico-sociaux » (article L1411-1).
La loi sur la profession d’infirmier comprend de multiples mesures, notamment de diagnostic et de consultation. L’Ordre national des infirmiers a évoqué un texte « très attendu par la profession. » Il a salué « un ensemble d’avancées et d’exigences portées de longue date [par l’Ordre], en cohérence avec l’évolution des pratiques de nos professionnelles et les besoins de santé de la population. »

